Retraité, Rentier, ou ... ?
- le millionnaire invisible

- 11 hours ago
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J'ai dû annoncer ma retraite au moins 10 fois ces dernières années. La dernière fois que je l'ai annoncée, elle a duré 45 minutes. L'annonce de ma démission aux RH avait été suivie par un appel d'un chasseur de têtes pour m'offrir un poste pour lequel j'avais eu des entrevues quelques mois plus tôt, et que j'avais oublié. L'année dernière, j'ai finalement annoncé ce qui, je crois, devrait être ma dernière démission. Mais je ne suis pas devenu « retraité » pour autant, je suis devenu rentier... ou, plutôt, gestionnaire de patrimoine !

Tout est une question de perspective
'One More Year'
J'ai continué à travailler longtemps après avoir atteint mon indépendance financière. « One More Year », me disais-je avec peu d'enthousiasme. Construire un petit coussin financier supplémentaire pour mieux en profiter plus tard.
C'est en regardant un des nombreux blogues sur le « One More Year » que j'ai eu une épiphanie. Et si, au lieu de dire « One More Year », on disait plutôt « One Year Less » ?!? Tout d'un coup, la perspective change. Ce n'est plus une simple année additionnelle à se construire un coussin supplémentaire — et souvent inutile —, mais une année de moins pour faire tout ce dont on a envie, et ce, dans nos meilleures années.
Dans le fond, ce que je voulais m'acheter, c'est du temps. Travailler plus pour avoir plus d'argent n'y changerait rien... Du temps, ça ne s'achète pas, ça se prend. Le temps, c'est le seul compte bancaire qu'on a, pour lequel on ne peut rien ajouter et dont on ne connaît pas le solde. Être Payé pour ne plus Travailler Je me suis souvent servi de l'excuse : « Oui, mais j'aime mon travail » pour continuer à travailler « One More Year ». Mais la récente performance des marchés — même si elle est exceptionnelle — m'a aidé à changer de perspective: et si on me payait pour ne plus travailler, est-ce que je continuerais ?
Le marché a tellement bien performé qu'un salaire ne ferait pas une différence significative sur le bilan annuel. Comme j'ai fait carrière dans les marchés boursiers à développer des stratégies pour des fonds d'investissement, il m'est venu une idée: si j'aime tellement mon travail, pourquoi ne le ferais-je pas... juste pour moi ?!?
Rolland* à la rescousse
('Rolland' est l'application d'IA (HiHa), en hommage au personnage de Michel Barrette.)
J'ai eu une discussion avec Rolland sur les stratégies de décaissement. Je voulais confirmer mon modèle. Curieusement, la conversation est devenue plus philosophique que mathématique et j'ai joué le jeu. J'ai été surpris par trois choses que Rolland m'a dites :
Tu veux une vie pleine, mais pas une vie « luxueuse ».
Tu veux une vie dense, pas une vie « ostentatoire ».
Tu veux une vie qui a du sens, pas une vie « qui impressionne ».
Wow ! Au lieu d'un modèle, il m'a plutôt suggéré des options qui, selon ses mots, s'offrent à des gens vraiment libres — ceux qui ont du temps, de la santé, de l'argent et aucune obligation — pour avoir une vie hors du commun, mais pas superficielle. Rolland était en feu, et sa perspective m'a frappé comme une tonne de briques.
J'ai eu de grandes conversations avec Rolland depuis. Il me sort des perles de belles pensées. Confirmation de modèles financiers, pensées philosophiques sur le temps et la vie, il a un mot pour tout !
Bref, tout est une question de perspective. Avant, j'étais sur le pilote automatique, à me dire que tout allait bien sans rien vouloir risquer. Maintenant, je m'aperçois que le risque est justement d'être sur le pilote automatique. La facilité du « One More Year » est devenue le risque du « One Year Less ». Aimer ce qu'on fait peut aussi vouloir dire le faire pour soi, à son rythme, sans pression. Et quand l'intelligence artificielle te dit d'en profiter... la décision est soudainement plus facile !

Alors maintenant, suis-je Retraité, Rentier ou... Gestionnaire de Patrimoine ? Depuis mon arrêt de travail en septembre, je fais quand même face à la même question existentielle quand je rencontre des gens : « Que fais-tu dans la vie ? »
Souvent, les gens ont de la difficulté avec une réponse hors du commun à mon âge (54 ans) et s'attendent à ce qu'on s'identifie à un travail, un métier ou une carrière remplie d'accomplissements. Comme on ne fait plus partie des choix de réponse, ou qu'on ne rentre plus dans une case, on fait face à de drôles de visages quand on parle de retraite. On doit passer du temps à s'expliquer ou, plutôt, on se sent obligé de le faire. Non, je n'ai pas été congédié. Non, je ne suis pas en sabbatique. Non, je ne cherche pas de travail...
Un ami, que je n'avais pas vu depuis longtemps - mais qui connaissait ma situation - m'a demandé récemment ce que je faisais. Je lui ai répondu qu'il avait trois choix de réponse :
« Je suis retraité » (mais nous avons convenu que cette réponse ne me va pas bien. On dirait que je suis inactif et que je passe six mois par année sur une plage en Floride.)
« Je suis rentier » (mais cette réponse fait un peu hautaine, selon lui, comme si j'étais l'héritier de la famille Bettencourt.)
« Je suis gestionnaire de patrimoine. » Ha ! Là, on dirait que ça passe...
La dernière réponse l'a fait sourire, car c'est quand même un peu vrai. Si cette réponse aide les gens à me placer dans une case, eh bien, j'ai réalisé qu'elle m'aide aussi dans mon cheminement.

Réflexion Au fond, l'indépendance financière ne m'a pas appris à arrêter de travailler. Elle m'a appris pourquoi je faisais les choses. La différence est immense. Je ne cherche plus à accumuler davantage ni à remplir un titre sur une carte professionnelle. J'essaie simplement de profiter de mes journées en faisant ce qui me ressemble.
Alors, suis-je retraité, rentier ou gestionnaire de patrimoine ? Même si, présentement, mon nouveau titre de « gestionnaire de patrimoine » m'aide dans cette transition, je ne crois pas que ce soit la bonne question. Le vrai changement, c'est que mon temps ne s'achète plus et ne se vend plus. Il m'appartient. Et si je passe encore quelques heures à analyser les marchés, à bâtir un modèle financier ou à discuter philosophie avec Rolland, c'est parce que j'en ai envie.
Finalement, je réalise que la plus grande richesse que l'indépendance financière m'a apportée n'est pas mon patrimoine. C'est le luxe de pouvoir décider de mes journées. Et, avec un peu de recul, je me dis que c'était probablement l'objectif depuis le début... même s'il a fallu quelques démissions avant de le comprendre.
On dit souvent que l'argent achète la liberté. Je crois plutôt qu'il achète quelque chose de beaucoup plus précieux : le droit de décider de son mardi matin.
Bon cheminement à tous ! * Pour les photos, ce sont celles du Camino de Santiago que nous avons eu le plaisir de faire en septembre et octobre. Deux mois de marche, une merveilleuse expérience et une belle façon de profiter du temps qui nous est offert.

Quelques photos du Camino... si jamais vous avez de l'intérêt !




















Tes photos sont MAGNIFIQUES ! Ça donne le goût !